Fabriquer un masque de protection

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Pourquoi fabriquer soi-même un masque ?

Lorsqu’il y a une rupture de stock des masques chirurgicaux de protection, il est tout à fait possible de fabriquer soi-même un masque de protection en tissu. Les masques en polypropylène achetés dans le commerce ne sont efficaces que 3 heures et ne sont pas réutilisables. Il faudrait donc se constituer un stock important si l’on en trouvait à un prix trop élevé en pharmacie (ou sur internet), et ce stock s’épuiserait rapidement.

Dans le cas des masques chirurgicaux, les médecins en salle d’opération doivent utiliser des masques respectant des normes strictes (voir cette page) comme la Directive Européenne 93/42/CEE (modifiée en 2007) ou la Norme EN 14683, pour éviter de contaminer les plaies des patients affaiblis ou d’être contaminé soi-même.

Mais dans le cas d’une épidémie (pandémie) de grippe, de SRAS ou de coronavirus, il s’agit surtout d’éviter d’être en contact avec les émissions de gouttelettes de salive (postillons) et les sécrétions des voies aériennes supérieures des personnes qui éternuent à proximité, tout en évitant de contaminer soi-même les autres personnes. On n’est pas dans une salle d’opération stérile, donc on n’est pas obligé d’acheter des masques chirurgicaux stériles.

Faute de pouvoir se procurer des masques chirurgicaux, on pourra fabriquer soi-même des masques de fortune qui seront « mieux que rien ». Ce sera même mieux que les masques jetables, puisque ces masques DIY en tissu pourront être ajustés précisément au visage de la personne (adulte, enfant) et ils sont réutilisables après lavage, alors que les masques en tissu jetables sont devenus coûteux et rares. De plus, comme les masques fabriqués soi-même sont jolis (motifs à fleurs), ils seront plus facilement adoptés par les enfants. Encore mieux : ils ne feront pas peur aux gens ! Car en France, on a tendance à fuir les porteurs de masques chirurgicaux (peut-être que ça changera ?). Au Japon par exemple, la culture est différente : les habitants ont compris (ils l’ont appris à l’école ?) que ceux qui portent des masques le font par respect d’autrui, pour ne pas contaminer leur entourage. Ce sont les malades qui n’ont pas de masque qui sont jugés irresponsables et dangereux.

   

Les masques DIY sont-ils efficaces contre le virus de la grippe ?

Les masques en tissu fabriqués soi-même sont-ils aussi efficaces que les vrais masques chirurgicaux (à la norme N95) en cas de pandémie de grippe ? Une étude a été menée en 2013 pour tester l’efficacité de masques cousus avec 2 épaisseurs de coton de récupération sur des t-shirts. Ce test a été mené dans différentes conditions (respiration normale, efforts, mouvements de la tête, obligation de parler à haute voix, mouvements du corps, test de différents aérosols). La conclusion de cette étude est très prudente : « As a result, we would not recommend the use of homemade face masks as a method of reducing transmission of infection from aerosols.« . Le document est à télécharger ici : https://www.researchgate.net/publication/258525804_Testing_the_Efficacy_of_Homemade_Masks_Would_They_Protect_in_an_Influenza_Pandemic

Mais il est évident qu’en choisissant du tissu de qualité (en utilisant plusieurs épaisseurs, en ajustant le masque précisément à la morphologie du visage, en respirant calmement, et éventuellement en plaçant des produits bactéricides dans le masque, on obtiendra une meilleure efficacité qu’en s’enroulant au dernier moment un t-shirt autour du visage. Il n’y a pas de miracle, toute l’efficacité d’un masque réside dans une réalisation soigneuse et dans la mise au point d’un modèle bien étudié. sans compter d’autres précautions comme le lavage des mains et le renouvellement régulier du masque au bout de quelques heures.

 

Les différents types de masques de protection jetables

Efficacité de filtration

Les normes prennent en compte la filtration des particules en suspension dans l’air.

La norme NIOSH N-95 s’applique aux Etats-Unis. N-95 = filtration de 95 % des particules de taille inférieure à 0,3 microns en suspension dans l’air.

La norme française NF EN 143 distingue 3 catégories de demi-masques de protection :

Classe Efficacité de la filtration (avec un débit d’air de 95 l/min)
P1 Filtration d’au moins 80 % des particules en suspension
P2 Filtration d’au moins 94 % des particules en suspension
P3 Filtration d’au moins 99,95 % des particules en suspension

La norme française NF EN 149 distingue 3 catégories de demi-masques FFP  (FFP = filtering facepiece particles) :

Désignation Efficacité de la filtration (avec un débit d’air de 95 l/min) Fuite vers l’intérieur
FFP1 Filtration d’au moins 80 % des particules en suspension <22 %
FFP2 Filtration d’au moins 94 % des particules en suspension <8 %
FFP3 Filtration d’au moins 99 % des particules en suspension <2 %

Tuto vidéo : Comment sont testés les masques à usage médical EN 14683 ?

Les masques de type FFP2 peuvent être utilisés pour se protéger des virus grippaux. Source : Grippe saisonnière : information des professionnels de santé

A fortiori, les FFP3 (si vous en trouvez) protègeront aussi des virus grippaux.

Photos Wikipédia (libres de droit)

   

Masque chirurgical

Les masques chirurgicaux jetables sont composés d’une bande de tissu avec des lanières. Certains sont stériles, d’autres non stériles (et moins chers). Leur taille est d’environ 10 cm par 17 cm. Les dentistes et les infirmières en portent souvent, il est obligatoire dans l’industrie alimentaire. Ce type de masque est moins efficace que les « becs de canard » et les demi-masques en forme de coque. Ils sont prévus pour éviter de contaminer son entourage, pas pour protéger des virus en suspension dans l’air. Article Wikipedia (en anglais). Les masques de type 2R sont renforcés contre les projections extérieures.

Vidéo expliquant la relative efficacité des masques chirurgicaux pour se protéger le la grippe (attention, par deux fois le Docteur J. M. confond « canard » et « FFP2 »).

Il couvre la bouche, le nez et le menton, et se fixe avec des lanières ou des élastiques. La face externe est de couleur bleue (parfois rose ou autre couleur). La face interne est blanche. Il est muni (en haut) d’une barrette nasale pour être ajusté à la forme du nez, de façon à améliorer l’étanchéité, ce qui évite normalement la formation de buée sur les lunettes.

Les masques les plus courants ont 3 plis (3 épaisseurs) de polypropylène (non tissé) de 22g/m2. Ils sont sans latex (le latex peut provoquer des réactions allergiques). Certains masques à 4 couches, utilisés par les cyclistes urbains,  incluent une épaisseur de charbons actifs pour absorber (partiellement ?) les gaz nocifs.

On peut acheter (quand il n’y a pas de rupture de stock) les masques chirurgicaux par boîte de 12 (moins de 10 €) ou de 50 (de 3 € à 50 € selon la qualité et la spéculation). Les plus onéreux (aseptiques) sont emballés individuellement.

Masque bec de canard

Ce type de masque apporte un confort de respiration meilleur qu’une bande de tissu, car il n’est pas en contact direct avec la bouche. Il est plié en deux dans son emballage. Il comporte une barrette nasale en aluminium que l’on doit ajuster à la forme de son nez. Moins connu, il est moins acheté. Mais quand il y a une pandémie et une rupture de stock sur les masques classiques, les clients achètent des masques « bec de canard ».

Comment mettre en place efficacement un masque bec de canard ? Cette vidéo explique clairement le positionnement du masque type canard, de classe FFP2.

Les demi-masques (coques) qui recouvrent la bouche, le nez et le menton

Demi-masque de protection respiratoire simple (en forme de coque) avec brides de fixation (ou élastiques).

Pour assurer une bonne efficacité du masque, il faut agir sur le pince-nez (barrette métallique) pour adapter sa forme à celle du haut du nez. l’étanchéité améliore l’efficacité et diminue la condensation sur les verres de lunettes.

L’air expiré repasse par le masque pour aller vers l’extérieur, ce qui diminue sa durée efficace d’utilisation.

Les demi-masques sont ainsi nommés car ils ne recouvrent pas les yeux.

 

Demi-masque avec soupape expiratoire et brides de fixation (ou élastiques).

La soupape facilite l’expiration de l’air humide (en évitant de le faire repasser dans le matériau filtrant). Il faut adapter le pince-nez métallique à la forme du visage pour assurer une bonne étanchéité.

Les porteurs de lunettes pourront être gênés par la condensation sur les verres froids. Il existe des produits anti-buée utilisés pour les lunettes de natation (anti-fog solution) et des chiffons imprégnés. Certaines personnes utilisent du savon, du shampooing, du liquide à vaisselle, du dentifrice ou un demi oignon. Mais attention, n’improvisez pas au dernier moment : faites des essais car ce produit est à proximité des yeux.

   

Fabriquer soi-même un masque de protection en tissu

Modèle de masque n°1 (demi coque)

Masque anti-poussières (mais aussi anti-postillons de salive) fabriqué avec 4 épaisseurs de tissu (tissu en coton utilisé pour la réalisation de pagnes en Thaïlande). Selon l’avis des médecins thaïlandais contactés par la couturière, ce masque permet de bloquer 95 % des particules en dessous de 0,3 microns qui flottent dans l’air pollué. Il est équivalent aux masques conformes à la norme américaine N95 de la FDA.

<— (Cliquez sur l’image pour voir le tuto de 15 minutes qui explique étape par étape la réalisation du masque)

Pour être bien protégé, il faut ajuster rigoureusement le masque sur le visage sans laisser d’espace libre. Les masques conformes à la norme N95 protègent du virus de la grippe (extrait de la page de la FDA : « However, they may be appropriate for persons at increased risk of severe illness from influenza or other respiratory diseases.« ).

Modèle de masque n°2 (demi coque)

Ce tutoriel YouTube vous expliquera comment coudre soi-même un masque de protection « anti-grippe » composé de 2 épaisseurs (un tissu décoratif et un tissu pour l’intérieur du masque). La vidéo est sous-titrée en anglais, les mesures sont données en cm.

<— (Cliquez sur l’image pour voir la vidéo sur YouTube)

On aperçoit brièvement le patron du masque dans la vidéo (arrêt sur image à 0:10 ou 0:16). Les dimensions sont fournies pour 3 tailles : enfant de 3 à 6 ans, enfant de 7 à 12 ans, et adulte.

Les mesures du patron à imprimer sont indiquées en pouces, mais ce n’est pas important car le patron sur la page A4 doit être découpé et reporté tel quel.

Lien direct pour télécharger le patron du masque de protection (feuille A4 en format pdf à imprimer).

Image extraite de la vidéo montrant les dimensions de chaque moitié du masque :

11 cm de large sur 9,5 cm de haut sur les bords, et 13 cm pour la plus grand dimension de la partie courbée.

Les deux moitiés sont cousues ensemble à la fin (courbe contre courbe, pour créer un relief). La partie bombée permet de bien s’adapter à la forme du bas du visage sans toucher la bouche.

Le masque (en DEUX épaisseurs) doit recouvrir la bouche et le bas du nez pour être efficace.

 

 

Modèle de masque n°3 (demi coque)

Vidéo YouTube proposée par une couturière asiatique qui montre la réalisation d’un masque de protection du visage en tissu. Les dimensions de ce masque sont indiquées dès le début. Le masque est constitué de DEUX épaisseurs de tissu : le tissu extérieur décoratif et un tissu plus épais (et perforé) pour la partie intérieure. Chaque partie (gauche et droite) mesure 12,5 cm sur 7 cm.

<— (Cliquez sur l’image pour voir la vidéo sur YouTube)

Toutes les étapes de la fabrication du masque sont montrées étape par étape dans cette vidéo de plus de 5 minutes. Le masque doit recouvrir le nez et la bouche. Adaptez les dimensions si besoin.

 

Modèle de masque n°4 (demi coque)

Tuto de 10 minutes sur fond musical (avec quelques sous-titrages en anglais pour les mesures) expliquant toutes les étapes de la fabrication des deux moitiés d’un masque de protection en tissu.

<— (Cliquez sur l’image pour voir la vidéo sur YouTube)

Le masque est constitué de deux  couches de tissu (dont une extérieure décorative). Le tissu intérieur (sombre) semble plus épais.

Le patron d’une moitié est à télécharger ici. Mais il semble bien petit : les bords font 7 cm, la partie courbée du centre 12 cm et la distance entre les bords et le centre 9 cm environ. A vous de tester et d’ajuster en gardant la forme générale. La traduction du titre en coréen donne pourtant « masque adulte ». Lien vers la page du blog (en coréen).

Modèle de masque n°5 (demi-coque)

Cette page du site Craft Passion explique en photos la réalisation de plusieurs masque pour enfants et adulte. 3 tailles sont proposées dans un patron à imprimer.
<— (Cliquez sur l’image pour voir la page)
Le patron est à télécharger ICI. Mais il faudra l’agrandir éventuellement en mesurant la barre marquée 2″ qui doit faire environ 5 cm (2×2,54 cm). Sur mon imprimante, elle mesurait 4,6 cm et sur l’écran (Mac) 5 cm !

Modèle de masque n°6 (type chirurgical)

Sur la même chaîne YouTube, voici un masque beaucoup plus simple constitué d’une bande de tissu renforcée sur les bords et munie de deux sangles élastiques. Le masque est composé de plusieurs épaisseurs de coton, il est renforcé sur les bords.

Le patron du masque se trouve sur le blog de la Youtubeuse : http://handymumtvblog.blogspot.com/2017/11/how-to-make-mask.html

<— (Cliquez sur l’image pour voir la vidéo sur YouTube)

Elle propose un modèle adulte (16 cm sur 32 cm) et un modèle pour enfant (12 cm sur 28 cm). Les motifs décoratifs du masque le feront plus facilement accepter par les enfants et donneront un air moins « médical » quand on se promènera dans la rue.

Modèle de couvre-masque décoratif n°7

La page de ce blog de couture décrit (en anglais, mais avec beaucoup de photos) la réalisation d’un couvre-masque chirurgical rectangulaire. Attention, ce modèle en tissu n’est composé que d’une seule épaisseur, la couturière explique bien qu’il faut le porter par-dessus un masque chirurgical vendu dans le commerce. 

<— (Cliquez sur l’image pour voir la page du blog)

Un masque efficace fabriqué à la maison devrait être composé de plusieurs épaisseurs (3 couches de polypropylène pour les masques médicaux du commerce FFP2 par exemple). La bande de tissu servant à fabriquer le couvre-masque mesure 17 cm sur 17,5 cm. Elle comporte 4 plis pour que le masque prenne la forme du visage et s’adapte bien sur le menton. Deux élastiques permettent de fixer le masque sur les oreilles, par-dessus le masque « officiel » acheté en pharmacie.


Le dernier exemple de masque (ci-dessus) montre bien qu’il faut être très prudent lorsque l’on trouve sur internet des modèles (ou des patrons) de masques chirurgicaux à fabriquer soi-même. Parfois, il s’agit de masques à porter à Halloween pour se déguiser en médecin ! Ce genre de masque ne protège pas des virus !


   

Liens utiles

Recherche sur le site de l’INRS (Institut National de Recherche sur la Santé) avec le mot-clé « masque respiratoire ». On apprend parmi les 150 articles trouvés comment ajuster un masque, quel masque porter en fonction des risques, etc. : http://www.inrs.fr/header/recherche.html?queryStr=masque+respiratoire&rechercher=OK

Normes :

Test de l’efficacité des masques fabriqués soi-même : Testing the Efficacy of Homemade Masks: Would They Protect in an Influenza Pandemic? (document pdf gratuit daté de 2013, à télécharger sur le siteresearchgate.net)

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